BYD veut s'imposer durablement sur le marché européen

· industrie · BYD

BYD est devenu la première marque chinoise et attaque les constructeurs historiques avec des prix agressifs. Le groupe mise sur ses modèles électriques et hybrides pour grandir en Europe.

BYD n'est plus seulement un importateur ambitieux en Europe : c'est désormais la marque la plus vendue en Chine, où elle a dépassé Volkswagen en 2024. Forte de cette base, elle attaque les constructeurs historiques du Vieux Continent avec des prix agressifs et une technologie électrique qu'elle maîtrise de bout en bout, tout en élargissant sa présence en Europe de l'Ouest.

Le chemin n'est pourtant pas dégagé. En octobre 2024, l'Union européenne a décidé d'imposer des droits de douane sur les voitures électriques chinoises, en invoquant des subventions publiques jugées déloyales. BYD écope ainsi d'une surtaxe de 17 % qui s'ajoute au taux de 10 % déjà appliqué avant l'enquête européenne. Malgré cela, le groupe maintient ses objectifs de volume sur le continent.

Sa parade principale s'appelle production locale. Deux usines sont lancées : Szeged, en Hongrie, et Izmir, en Turquie. La première entre en service en octobre 2025, la seconde doit démarrer en mars 2026, avec près d'un milliard de dollars investis côté turc. S&P Global Mobility anticipe une capacité combinée de 500 000 unités et une production de 220 000 véhicules en 2027. La Hongrie commencerait par l'Atto 3, avant d'ajouter l'Atto 2 en 2026 sur le segment qui progresse le plus en Europe ; la Turquie se consacrerait aux hybrides rechargeables Seal 05 et Seal 06.

BYD ne veut pas rester cantonné à l'entrée de gamme. Le groupe amène deux marques premium : Denza, censée rivaliser avec les références allemandes, avec le D9, un grand sportback sept places de 1 000 ch et 630 km d'autonomie attendu cette année en Europe ; et Yangwang, dont le U8 SUV-E, un tout-terrain haut de gamme de près de 5,4 mètres, vient concurrencer un Land Rover Defender.

À l'autre bout du marché, la Seagull, mini-citadine du segment A, est annoncée en Europe en avril. Vendue autour de 9 000 euros en Chine, elle ne sera pas produite sur le continent, mais son positionnement tarifaire lui permettrait de rester compétitive malgré les droits de douane.

Enfin, le groupe adapte sa stratégie aux attentes des clients européens. Désormais, chaque nouveau modèle majeur recevra une déclinaison hybride rechargeable environ six mois après sa version électrique. Ce choix amortit l'effet des taxes et répond à la demande d'autonomie étendue, alors que les aides à l'achat de véhicules électriques ont reculé dans plusieurs pays.

Pourquoi c’est important : La stratégie européenne de BYD annonce plus de modèles et de promotions dans les concessions françaises.

Source : Mobility Global · Photo : Mobility Global