BYD dépasse Tesla et devient numéro un mondial de l'électrique

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Parti de la fabrication de batteries, BYD est devenu le premier vendeur mondial de voitures électriques. Il a dépassé Tesla sur ce marché.

Sur un parking, à un carrefour ou le long d'une borne de recharge, les BYD sont devenues banales en France. La Dolphin, petite citadine, l'Atto 2, un SUV, ou la Seal, une berline, résument une gamme qui s'est installée en quelques années avec des arguments comparables à ceux des constructeurs occidentaux : style, équipements, finitions. La marque chinoise est d'ailleurs l'une des attractions du Mondial de l'automobile de Paris, qui ouvre ses portes le lundi 12 octobre, et elle s'y présente avec le statut de numéro un mondial du véhicule électrique.

Ce rang a été acquis en 2025, avec 2,26 millions de voitures électriques écoulées dans le monde, contre 1,64 million pour Tesla. Un écart de 600 000 unités qui matérialise le basculement du rapport de force entre la firme californienne d'Elon Musk et le groupe de Shenzhen, longtemps réduit à un rôle de outsider.

L'histoire de BYD, acronyme de « Build Your Dreams », commence pourtant de façon modeste, dans la Chine des années 1990. Wang Chuanfu, ingénieur, fonde une petite société de fabrication de batteries. Sa femme Stella Li, aujourd'hui vice-présidente et figure de l'internationalisation, a raconté dans Les Echos les débuts à une trentaine de salariés, où les ingénieurs étaient mieux payés que la direction. L'usine du sud-est de la Chine fournit alors Nokia et Motorola, ce qui permet à l'entreprise d'acquérir un savoir-faire dans une technologie devenue centrale pour la voiture électrique.

C'est seulement en 2003 que BYD se lance dans l'automobile, en produisant d'abord des bus et des taxis à Shenzhen. L'économiste Bernard Jullien rappelle que le projet initial du groupe était de valoriser la batterie, et que ses compétences étaient plus solides dans ce domaine que dans la construction automobile. Il a fallu environ quinze années d'apprentissage, sans jamais renoncer, pour que l'industriel rattrape les références du secteur.

L'accélération doit beaucoup à Tesla. Selon Jamel Taganza, cofondateur du cabinet Inonev, qui a rencontré les cadres de BYD à Shenzhen en 2009, les véhicules chinois étaient auparavant assez classiques et l'arrivée de Tesla a libéré l'imagination des constructeurs locaux. En 2011, Elon Musk avait moqué le design et la technologie de BYD dans une interview à Bloomberg, peu après l'investissement de 230 millions de dollars de Warren Buffett. Il a depuis reconnu son erreur.

La force du groupe tient à son intégration verticale : il produit ses propres batteries, jusqu'à les revendre à des concurrents, et assemble ses voitures en ayant très peu recours à des prestataires extérieurs. Cette maîtrise de la chaîne de valeur lui permet de contrôler ses coûts, un avantage décisif face aux droits de douane et à la guerre des prix.

Pourquoi c’est important : Comprendre la taille du groupe aide à juger la solidité et le service après-vente des BYD vendues en France.

Source : Franceinfo · Photo : Franceinfo