BYD agrandit sa flotte de navires pour exporter ses voitures
· industrie · BYD
Le constructeur chinois affirme manquer de bateaux pour livrer ses véhicules à l'étranger. Il achète ses propres cargos pour maîtriser les coûts et les délais.
BYD produit plus vite qu'il ne peut exporter, et la logistique devient un enjeu stratégique. Le constructeur chinois, devenu le premier fabricant mondial de véhicules électriques, va porter sa flotte de navires transporteurs de voitures de huit à dix-huit unités d'ici 2029, selon des rapports du secteur maritime. Chaque nouveau bâtiment pourra embarquer environ 9 200 véhicules et sera construit par China Merchants Industry.
L'intérêt de posséder ses propres navires est d'abord financier. Une estimation du secteur avance qu'embarquer ses voitures sur sa propre flotte pourrait réduire jusqu'à 40 % le coût d'expédition par véhicule, par rapport à la location de cargos. Le groupe avait annoncé dès 2022 un plan de 687 millions de dollars pour se doter de ces bateaux, afin de répondre à ce que son fondateur décrivait comme un manque de capacité d'exportation. Huit navires ont été mis en service entre janvier 2024 et septembre 2025.
Le contexte maritime explique cette accélération. Les conflits en mer Rouge et autour du détroit d'Ormuz ont fait grimper les tarifs de fret et rallongé les trajets : la plupart des transporteurs de voitures sur l'axe Asie-Europe contournent désormais le cap de Bonne-Espérance, ce qui ajoute environ 25 % de distance et jusqu'à quatorze jours de traversée. Louer un navire d'une capacité d'environ 6 500 voitures coûte aujourd'hui 95 000 dollars par jour, contre 50 000 en février. Les armateurs chinois ne représentent par ailleurs qu'environ 10 % de la capacité mondiale, ce qui oblige les constructeurs du pays à affréter auprès de compagnies internationales.
Les volumes justifient l'investissement. En septembre, BYD a écoulé 180 700 voitures hors de Chine, plus du double d'un an plus tôt, soit près de 40 % de ses ventes mensuelles totales. Le constructeur vise plus de 2,5 millions de ventes à l'étranger l'an prochain, contre un objectif de 1,9 à 2 millions cette année. Maîtriser sa flotte permet de sécuriser de l'espace, de choisir ses routes et de prioriser les marchés les plus importants.
Cette montée en puissance de l'export s'explique aussi par le ralentissement du marché intérieur. En Chine, les ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables ont reculé de 12 % sur les huit premiers mois de l'année, après la réduction des avantages fiscaux accordés aux acheteurs ; sur la même période, BYD a vendu 33 % de voitures en moins chez lui. Les constructeurs cherchent donc des débouchés à l'étranger.
Pour les analystes cités, cette stratégie logistique de long terme donne à BYD un avantage sur les rivaux chinois restés dépendants du marché de l'affrètement. Elle pourrait aussi durcir la concurrence en Europe et aux États-Unis, face à Tesla comme aux marques traditionnelles.
Pourquoi c’est important : Moins de frais et de retards de transport peuvent peser sur les prix et la disponibilité en France.
Source : Rest of World · Photo : Rest of World