Acheter une chinoise : attention aux droits de douane
· réglementation · MG, SAIC
Les taxes européennes peuvent fortement renchérir certaines marques chinoises. Pour SAIC et MG, la hausse peut approcher 48 %.
Depuis 2024-2025, l’Union européenne applique des droits de douane supplémentaires aux voitures électriques fabriquées en Chine. Le niveau varie selon le groupe : pour SAIC, propriétaire de MG, il peut atteindre environ 47,6 %, tandis que BYD se situe dans une zone intermédiaire, plus basse. Les constructeurs qui produisent en Europe sont moins ou pas exposés. Pour l’acheteur, cela signifie que le prix affiché en concession peut évoluer : si la marque répercute la taxe, la valeur de revente et les conditions de reprise peuvent se dégrader. Avant de commander, il faut savoir si le modèle convoité arrive de Chine ou s’il est assemblé en Europe, car cela change l’exposition à une hausse après achat et la stabilité de l’approvisionnement en pièces.
Les garanties longues sont un argument commercial fréquent. Chery a mis en avant, sur son marché domestique, une batterie et un moteur électrique garantis à vie. L’affichage séduit, mais les termes européens ne sont pas automatiquement identiques. Les exclusions — usure normale, perte de capacité sous un certain seuil, entretien hors réseau agréé — changent selon les pays et les contrats. Surtout, une garantie étendue perd de sa valeur pratique si le réseau de service est éloigné. Le nombre de points après-vente dans le pays reste un indicateur de la capacité de la marque à honorer ses promesses.
En 2025, les marques chinoises pèsent environ 7 % du marché européen, selon des données relayées par la filière automobile française. Ce total cache de fortes différences entre acteurs installés comme MG et BYD et nouveaux venus comme Omoda, Jaecoo ou Leapmotor. Une dizaine d’enseignes supplémentaires sont attendues en Europe avant la fin de la décennie. Or, une expansion rapide est souvent suivie de consolidations : certaines enseignes peuvent disparaître d’un marché presque aussi rapidement qu’elles y sont apparues. Le risque concret pour le client est de se retrouver sans accès garanti aux pièces, aux mises à jour logicielles et au service après-vente. À l’inverse, un investissement industriel local, comme l’usine BYD en Hongrie, traduit un engagement de plus long terme.
La décote dépend de la confiance du marché secondaire. Les marques chinoises n’ont pas encore d’historique de revente significatif en Europe, et les cotations de type Argus s’appuient sur des volumes trop faibles pour être fiables. Un acheteur qui signe un crédit sur cinq ans parie sur une valeur résiduelle difficile à estimer. Si la marque perd en visibilité ou se retire, la perte peut dépasser celle d’un modèle équivalent d’un constructeur établi. Le leasing transfère ce risque au loueur ; pour un achat comptant ou à crédit, la revente devrait peser autant que le prix initial.
Enfin, tout véhicule vendu en Europe doit avoir une homologation européenne, la réception CE. La plupart des réseaux officiels la respectent. Le danger vient des circuits parallèles : importations directes, plateformes en ligne ou précommandes sans certification finalisée. Sans homologation valide, impossible d’immatriculer, d’assurer ou de contrôler techniquement le véhicule. Vérifier le certificat avant de signer reste une précaution élémentaire.
Pourquoi c’est important : Vérifier l'exposition aux taxes évite de mauvaises surprises sur le prix final.
Source : Auto Tech · Photo : Auto Tech