Xpeng se lance aux Philippines avec une gamme électrique

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Xpeng démarre officiellement ses ventes aux Philippines en septembre. La marque veut se distinguer par la technologie, pas seulement par le prix.

Le marché philippin n'a pas attendu Xpeng pour découvrir les marques chinoises : ces dernières années, les nouveautés venues de Chine y ont débarqué en nombre, avec à chaque fois à peu près le même argumentaire, des lignes flatteuses, un équipement généreux, des performances solides et des tarifs censés inquiéter les constructeurs historiques. Le constructeur de Guangzhou, lui, promet d'arriver en septembre avec autre chose dans sa besace : il veut que l'on remarque ses voitures pour leur technologie, pas seulement pour leur rapport prix-prestations.

Pour le vérifier, plus de vingt journalistes automobiles philippins ont été conviés au siège et à l'usine dite intelligente de la marque, à Guangzhou. Le message est clair : Xpeng se présente comme une entreprise technologique qui construit aussi des automobiles. Fin 2025, plus de 40 % de ses effectifs travaillaient dans la recherche et le développement, soit 8 845 personnes réparties entre logiciel, intelligence artificielle, conduite intelligente, ingénierie véhicule et autres métiers.

Ce qui frappe sur place, c'est la jeunesse de ces équipes : des ingénieurs et des designers qui ont grandi avec les smartphones, les applications, le jeu vidéo et l'IA, et qui savent donc assez naturellement ce qu'attendent les clients les plus jeunes. La marque ne s'est pas pour autant séparée de ses vétérans, présents sur la dynamique du véhicule, la sécurité, la production et le design. Les plus jeunes demandent pourquoi une voiture fonctionnerait encore comme il y a vingt ans ; les anciens savent ce qu'il ne faut pas changer au seul prétexte que la technique le permet.

Cette philosophie se lit surtout dans l'aide à la conduite. Au volant du L03 sur les routes de Guangzhou, le système, qui s'appuie sur des caméras, des capteurs et un calcul embarqué, a géré sans à-coups des motos qui coupent la trajectoire, des changements de direction imprévus et des véhicules qui se faufilent dans des espaces étroits : des situations que connaît tout conducteur de Manille. Pas de freinage brutal ni de coups de volant nerveux, mais des réactions progressives, comme un conducteur expérimenté qui anticipe. Toutes les fonctions disponibles en Chine ne seront pas transposables immédiatement aux Philippines, où routes, réglementation, cartographie et comportements diffèrent.

La technologie ne s'arrête pas à l'automobile. Xpeng développe aussi un robot humanoïde, IRON, qui exploite des capteurs et une intelligence artificielle comparables, ainsi que, via sa société affiliée Aridge, des engins volants, dont le Land Aircraft Carrier : un véhicule routier auquel est associé un aéronef électrique à décollage vertical détachable, que l'on déploie sur une aire adaptée. Les questions de réglementation, d'espace aérien, de formation et d'infrastructures restent entières, mais pour un archipel, l'intérêt pourrait dépasser le simple contournement des embouteillages, notamment pour relier des zones isolées ou soutenir les secours.

Les premiers modèles vendus aux Philippines seront le L03, un SUV coupé, et le X9, un grand sept places. Le premier emballe cette technologie dans une carrosserie plus sportive et sans doute plus accessible ; le second l'applique à un monospace familial et à une clientèle d'affaires. Les caractéristiques et les tarifs seront communiqués au lancement. La vraie question, désormais, n'est plus de savoir si un constructeur chinois sait produire une bonne électrique : presque tous accélèrent correctement et offrent un confort et des équipements impensables il y a peu. Le prochain terrain de bataille sera l'intelligence embarquée, et il faudra juger sur les routes philippines.

Pourquoi c’est important : Cette expansion montre que Xpeng accélère à l'international, un signal pour son développement futur en Europe.

Source : The Manila Times · Photo : The Manila Times