Xpeng dessine la voiture de demain à Munich

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À Munich, Xpeng a montré un SUV abordable pour l'Europe et sa vision de la voiture de demain. La prochaine étape pourrait être plus de logiciel et d'intelligence artificielle.

À Munich, le fondateur de Xpeng, He Xiaopeng, a présenté le nouveau SUV coupé L03, le modèle le plus accessible de la marque pour l'Europe, avec un objectif affiché : doubler les ventes hors de Chine d'ici 2030. Mais derrière la voiture, le dirigeant a surtout dessiné une autre vision de l'automobile, bien éloignée du simple moteur.

Pour situer le personnage, Xpeng a été fondé en 2014 à Guangzhou et s'est fait une place parmi les marques électriques chinoises les plus en vue sur notre continent, où il est présent depuis 2020. Ses modèles G6, G9 et P7+ sont assemblés à partir de kits chez Magna Steyr, en Autriche, et la firme dispose désormais d'un centre de recherche à Munich. C'est dans cette ville que le patron a reçu la presse, en marge de la présentation du L03.

Le sujet central, c'est le robotaxi. Contrairement à Waymo ou à ce que prépare Tesla du côté d'Austin, Xpeng ne veut pas exploiter lui-même une flotte de véhicules autonomes. La marque préfère fournir la boîte à outils — matériel, logiciel et services — et laisser des partenaires locaux gérer l'exploitation. Une façon de se déployer vite à l'international, Europe comprise, dès que la réglementation le permettra. Son robotaxi GX se passe de capteur LiDAR, embarque quatre puces Turing pour 3 000 TOPS de calcul et s'appuie sur un modèle d'intelligence artificielle baptisé VLA 2.0, entraîné sur plus de 100 millions de vidéos de conduite. Le premier exemplaire de série est sorti des chaînes de Guangzhou en mai, et He Xiaopeng en a été le tout premier passager. Les essais grand public doivent commencer au second semestre avec un conducteur de sécurité à bord, avant un objectif de circulation totalement autonome début 2027.

La concurrence est déjà dense. Waymo revendique 450 000 courses par semaine, Baidu a franchi les 20 millions de trajets cumulés avec Apollo Go et Tesla peaufine son propre robotaxi à Austin. En Europe, l'Allemagne autorise depuis 2021 la circulation de véhicules de niveau 4 dans certaines zones, et Mercedes, Nissan et Stellantis viennent d'investir dans la société britannique Wayve, pendant que Mate Rimac travaille sur un robotaxi biplace à Zagreb.

Côté robotique, Xpeng développe aussi un humanoïde nommé Iron, qu'il déploiera d'abord en boutique ou en concession comme hôte d'accueil, plutôt que sur des lignes de production. Le fondateur estime que la dextérité ne représente qu'un quart du problème : le reste tient à la fiabilité, à la production en grand volume et à la fluidité des mouvements. Chaque fonction devra atteindre au moins 60 % de maturité avant que la machine soit vraiment utile. Après quelques centaines d'unités mensuelles, la marque viserait plus de 1 000 Iron par mois d'ici la fin de l'année, depuis une usine de 110 000 mètres carrés en construction à Guangzhou, puis plusieurs milliers fin 2027. Le sidérurgiste Baosteel a déjà signé pour les tester sur ses sites.

Pourquoi c’est important : Ces innovations annoncent des modèles plus abordables et plus connectés pour les automobilistes français.

Source : Autoplus · Photo : Autoplus