Xiaomi et Huawei rapprochent la voiture du smartphone
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Les géants chinois de l'électronique misent sur la connectivité et l'écosystème de la maison pour séduire. Leur approche logicielle bouscule les constructeurs classiques.
Au Mondial de l'Auto de Paris, l'offensive de la tech chinoise sur la voiture électrique a été au centre des discussions. Xiaomi est devenu constructeur automobile à la fin de 2023, une réussite que n'a pas connue Apple avec son projet abandonné. Le groupe commercialise une berline entièrement électrique, la SU7, et une famille de SUV hybrides familiaux appelée SkyNomad. Absent du salon parisien, il prépare son entrée sur le marché européen, attendue l'année prochaine, et a ouvert en 2025 un centre de recherche et développement à Munich pour adapter ses modèles aux normes et aux attentes locales.
L'apport d'un fabricant de smartphones ne se résume pas à un grand écran central : il tient à la connectivité qui irrigue le quotidien du conducteur. Xiaomi a théorisé cette approche sous l'appellation « Human × Car × Home », autrement dit la continuité entre les terminaux personnels, le véhicule et l'écosystème domestique. La marque évoque par exemple le réglage de l'éclairage et de la température de la maison avant l'arrivée de son occupant, en fonction de la position de la voiture, du trafic et de la météo. Le tout s'appuie sur HyperOS, son système d'exploitation maison, présenté comme une alternative à Android.
Huawei suit une logique voisine sans être constructeur : il fournit technologies et logiciels à des industriels partenaires et, avec Seres, a donné naissance à la marque Aito, positionnée sur le haut de gamme électrique et hybride. Son système HarmonyOS relie plusieurs catégories d'appareils. La différence avec CarPlay et Android Auto est notable : il ne s'agit pas seulement de transposer les applications du téléphone sur le tableau de bord, mais de faire dialoguer l'ensemble des objets connectés.
Le smartphone devient aussi une télécommande : verrouillage et déverrouillage du véhicule, gestion de la charge, consultation des statistiques de consommation et de l'état général, réception d'alertes. Cette connexion permanente permet au constructeur ou au concessionnaire d'entretenir une relation continue avec le conducteur, au-delà de l'achat et des visites d'entretien. Les mises à jour à distance, dites OTA, autorisent la correction ou l'amélioration de fonctions sans passage à l'atelier, qu'il s'agisse de l'aide à la conduite, de la batterie, de la suspension ou de la climatisation. L'intelligence artificielle s'invite également à bord : Xpeng a lancé en janvier sur le marché européen la P7+, présentée comme le premier véhicule défini par l'IA.
Ces promesses appellent quelques vérifications. Il faudra s'assurer que les modèles commercialisés en Europe bénéficient réellement de ces fonctions et que les téléphones des utilisateurs seront compatibles. La sécurité physique du véhicule comme la confidentialité des données personnelles devront être évaluées avec attention, alors que la voiture devient une sorte de très grand smartphone roulant.
Pourquoi c’est important : Les acheteurs attendent désormais des mises à jour et des services connectés comparables à ceux d'un téléphone.
Source : ZDNET · Photo : ZDNET