Volvo Gand pourrait produire pour les marques chinoises du groupe

· industrie · Geely, Zeekr, Lynk & Co

L'usine belge de Volvo, qui appartient au chinois Geely, pourrait assembler des modèles Geely, Zeekr ou Lynk & Co. La taxe de 18,8 % sur les voitures venues de Chine pousse à produire en Europe.

L’usine Volvo de Gand pourrait un jour assembler des voitures d’autres marques du groupe Geely, notamment Zeekr, Lynk & Co ou Geely elle-même. Volvo Cars a confirmé officiellement que la production sous contrat pour d’autres constructeurs fait partie des pistes étudiées afin de mieux utiliser le site. Aucune décision définitive n’est toutefois prise sur les marques ou les modèles concernés. Pour un lecteur non spécialiste, cela signifie que l’usine belge pourrait continuer à produire des Volvo tout en accueillant, à terme, des véhicules conçus par des marques sœurs chinoises.

Cette réflexion s’inscrit dans un cadre plus large. Volvo Cars appartient depuis 2010 au groupe chinois Geely Holding, et plusieurs modèles partagent déjà des technologies ou des composants avec d’autres marques du groupe. L’EX30, par exemple, utilise une architecture électrique également employée par certains modèles Zeekr et Smart. Les différentes marques de Geely recourent de plus en plus à des bases techniques, à des chaînes de traction et à des composants électroniques communs. Une production multi-marques dans une même usine pourrait donc être techniquement envisageable, même si des adaptations resteraient nécessaires pour la carrosserie, la ligne d’assemblage et le contrôle qualité.

Le 15 juillet 2026, Volvo Cars a signé une déclaration d’intention avec le gouvernement fédéral belge et le gouvernement flamand. Les trois parties veulent élaborer des mesures pour améliorer la compétitivité de Volvo Car Gand à long terme. Le programme annoncé pourrait atteindre 119 millions d’euros et couvre notamment des initiatives industrielles, innovantes et environnementales, ainsi que des financements et d’autres soutiens. Il faut toutefois préciser qu’il s’agit d’un mémorandum d’entente : les investissements précis, les conditions et le calendrier restent à définir. Le montant de 119 millions d’euros constitue un plafond, pas une subvention immédiate et garantie.

L’intérêt pour une production sous contrat est aussi lié au contexte commercial européen. Pour les véhicules du groupe Geely, une taxe supplémentaire de 18,8 % s’ajoute au tarif d’importation européen habituel. En revanche, une Zeekr, une Lynk & Co ou une Geely entièrement fabriquée dans une usine européenne ne serait en principe pas soumise à ces droits spécifiques visant les voitures électriques importées de Chine. Les marques chinoises, comme BYD, MG, XPENG, Leapmotor, Zeekr et Lynk & Co, développent rapidement leur offre européenne et s’appuient souvent sur des chaînes d’approvisionnement solides pour les batteries, l’électronique et les logiciels.

Pour Volvo Car Gand, la croissance des marques chinoises peut donc être vue à la fois comme une menace pour les constructeurs européens et comme une opportunité industrielle. Le CEO Håkan Samuelsson avait déjà indiqué que Geely Auto, Zeekr et Lynk & Co pourraient utiliser les usines européennes existantes de Volvo, et Gand figure clairement parmi les sites possibles. Une telle collaboration éviterait de bâtir une usine entièrement nouvelle : les marques pourraient profiter de lignes existantes, d’une main-d’œuvre expérimentée, d’une logistique développée et du réseau de fournisseurs. Volvo pourrait, de son côté, mieux remplir ses capacités et répartir ses coûts fixes. Aucun modèle, volume ou calendrier n’a cependant été communiqué.

Pourquoi c’est important : Une production européenne éviterait une partie des droits de douane et pourrait faire baisser les prix en France.

Source : elektrischeauto.be · Photo : elektrischeauto.be