Raz-de-marée des voitures chinoises en France : vraiment ?

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Le journal L'Alsace fait le point sur l'arrivée des marques chinoises sur le marché français depuis janvier. Leur progression est réelle, mais loin d'être un raz-de-marée.

Le marché automobile français a enregistré 857 166 ventes au premier semestre 2026, contre 842 206 un an plus tôt. La reprise est donc réelle mais très timide, et reste très éloignée des niveaux d'avant la crise sanitaire. Dans le même temps, les marques chinoises continuent d'arriver sur notre territoire, au point que l'on parle volontiers de raz-de-marée. La réalité est plus nuancée, même si la progression est indéniable.

Depuis janvier, pas une semaine ne passe sans qu'une nouveauté chinoise ne soit annoncée. Le marché français confirme la montée en puissance de ces constructeurs, avec l'arrivée de deux nouvelles marques, Omoda et Jaecoo, issues du groupe Chery, ainsi qu'AION, du groupe GAC. Elles viennent compléter une offre déjà portée par MG, BYD, Xpeng et Leapmotor, comme le relève AAAData, spécialiste des données du marché automobile.

Dans les faits, la voiture chinoise la plus vendue en France ne pointe qu'au 42e rang des immatriculations, avec 5 567 exemplaires du SUV MG ZSII. Un score modeste à l'échelle du pays, mais qui contraste avec les volumes obtenus à l'échelle européenne. Sur le semestre, MG et sa maison mère SAIC ont écoulé 38 640 voitures en Europe, soit environ 3 % de part de marché. BYD a de son côté immatriculé 172 628 unités sur la même période, et l'ensemble Chery, Omoda, Jaecoo et Ebro s'en approche avec 169 727 voitures.

En France, la part de marché des marques chinoises atteint 5,55 % sur six mois si l'on intègre Volvo dans le périmètre, et 4,90 % sans. En juin, elle grimpe même à 7 %, alors que quatorze marques chinoises sont désormais présentes dans l'Hexagone. Ce mois-là, 13 691 automobilistes français ont opté pour une voiture chinoise neuve. Des chiffres qui restent loin de ceux des groupes historiques, mais qui dessinent une trajectoire ascendante.

Le rythme des lancements explique cette pression croissante. En 2024 et 2025, on comptait cinq modèles de marques historiques pour un modèle chinois lancé en France. En 2026, la parité est atteinte, avec un modèle chinois pour un modèle des marques établies, notamment sur le segment des SUV compacts électriques et hybrides rechargeables. Face à cela, plusieurs groupes européens adaptent leur politique tarifaire, accélèrent sur l'électrification et réduisent leurs coûts. D'autres préfèrent coopérer : Stellantis s'est allié à Leapmotor et produira des voitures chinoises de Dongfeng à Rennes, Volkswagen travaille avec Xpeng, et Ford partage son usine espagnole avec Geely.

Pourquoi c’est important : Cela aide à savoir si ces marques vont durer chez nous et si le service suivra.

Source : L'Alsace · Photo : L'Alsace