Pourquoi les électriques chinoises restent compétitives
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Les droits de douane européens n'ont pas fait disparaître l'avantage prix des voitures chinoises. Elles restent très compétitives face aux modèles européens.
Les surtaxes décidées par l'Union européenne devaient freiner les importations de voitures électriques chinoises. Elles n'ont pas fait disparaître leur principal atout : le prix. D'après une étude récente de l'ONG Transport & Environment (T&E), ces modèles coûtent en moyenne 21 % de moins que leurs équivalents européens. Cet écart s'explique par des coûts de production plus bas et par la maîtrise de la fabrication des batteries, un domaine où les groupes chinois comme BYD ou SAIC possèdent une avance certaine.
Le marché, lui, évolue. La part des voitures électriques produites en Chine dans les ventes européennes est passée de 22 % en 2024 à 17 % au premier trimestre 2026. Ce recul tient surtout à la relocalisation : Tesla, BMW ou Volvo assemblent désormais davantage de véhicules en Europe pour échapper aux droits de douane. Les constructeurs chinois ont néanmoins montré une réelle capacité d'adaptation.
Les chiffres illustrent deux destins différents. BYD, malgré une taxe de 17 %, a doublé ses exportations vers l'Union européenne. SAIC, frappé d'un droit de douane de 35,3 %, a en revanche vu ses ventes reculer. Au global, les marques chinoises représentent aujourd'hui 54 % des véhicules électriques importés de Chine vers l'Europe, alors qu'elles n'en pesaient que 15 % en 2021.
Pour contourner les barrières douanières, plusieurs acteurs ont choisi d'investir directement sur le sol européen. BYD a annoncé l'ouverture d'une usine en Hongrie, tandis que Chery et NIO multiplient les partenariats avec des entreprises locales. Cette approche permet de conserver des tarifs agressifs tout en répondant à la demande. Au premier semestre 2026, BYD a même dépassé les 2 % de part de marché en Belgique, signe d'une progression rapide.
Face à cette situation, Transport & Environment plaide pour un durcissement des droits de douane sur les batteries chinoises et pour un soutien renforcé à l'industrie européenne. Sans ces mesures, l'écart de prix risque de perdurer, et avec lui la position dominante des constructeurs chinois sur le marché du véhicule électrique. Le rapport de force est donc loin d'être figé.
Pourquoi c’est important : Pour un acheteur français, l'écart de prix peut donc rester important malgré les taxes.
Source : Orange · Photo : Orange