Le Canada ouvre son marché aux électriques chinoises
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Après l'accord entre Carney et Xi, des milliers de voitures chinoises arrivent au port de Montréal. Ottawa encadre toutefois les volumes autorisés.
Le Canada est devenu, depuis le 1er mars 2026, un marché accessible pour les voitures électriques assemblées en Chine. Ottawa a en effet supprimé les droits de douane de 100 % qui frappaient jusqu'ici ces véhicules, les ramenant à un niveau préférentiel de 6,1 %. Cette ouverture découle de l'accord conclu à la mi-janvier entre le premier ministre Mark Carney et le président Xi Jinping, au terme d'une décennie de tensions entre les deux pays.
La contrepartie obtenue par Ottawa concerne l'agriculture : Pékin accepte de lever certaines barrières visant des produits canadiens, à commencer par le colza. Le calcul politique est plus large : le gouvernement Carney cherche à réduire la dépendance économique de son pays vis-à-vis des États-Unis. Les constructeurs chinois, eux, y voient un point d'entrée sur le continent nord-américain.
Pour éviter un déferlement, le Canada a plafonné les importations à 49 000 véhicules électriques chinois par an, soit moins de 3 % des ventes annuelles de voitures neuves. Depuis l'entrée en vigueur du dispositif, 6 531 unités ont transité par les ports canadiens, ce qui représente environ 4 % des électriques écoulés dans le pays en 2025. L'essentiel de ce volume reste toutefois composé de modèles de marques occidentales produites en Chine, à l'image de la Tesla Model 3 sortie des chaînes de Shanghai.
Les premières productions chinoises à s'afficher chez les concessionnaires sont haut de gamme : les Lotus Eletre, grands SUV du groupe Geely, sont proposées à plus de 119 900 dollars canadiens, soit près de 74 700 euros. BYD prépare de son côté l'ouverture d'une vingtaine de points de vente d'ici la fin de 2026. Une première vague élitiste, en attendant les compactes plus abordables promises par les industriels asiatiques.
Dongfeng a illustré ce mouvement en présentant six modèles électriques au Vieux-Port de Montréal, devant des hommes d'affaires et un représentant de l'ambassade de Chine. Compactes, rechargeables en moins de trente minutes et annoncées capables de supporter les hivers québécois, ces voitures doivent être proposées sous les 35 000 dollars canadiens, soit environ 21 800 euros. Deux modèles seulement sont promis pour 2027, sous réserve d'homologation. L'importateur québécois North World Industry assure que le groupe d'État voit plus loin et envisage même d'ouvrir des usines sur place.
Pour Pékin, le Canada cumule les atouts : un climat exigeant, un pouvoir d'achat solide et une position de tremplin vers les États-Unis, avec l'espoir d'y assembler localement pour viser un jour la clientèle américaine. Sur place, l'industrie automobile canadienne dénonce pour sa part une concurrence jugée déloyale.
Pourquoi c’est important : Cela montre vers quels marchés les marques chinoises se tournent quand l'Europe durcit ses règles.
Source : Autoplus · Photo : Autoplus