L'UE plafonne les hybrides chinois à 350 000 par an
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Bruxelles utilise les règles de l'OMC pour imposer rapidement un quota annuel. La part de marché chinoise serait divisée par deux, à 3 %.
La Commission européenne a confirmé un plafond annuel de 350 000 hybrides électriques importés de Chine dans l’UE. Cette limite entrera en vigueur en décembre et doit diviser par deux la part de marché chinoise, actuellement de 6 %, pour la ramener à 3 %. Elle s’inscrit dans un accord quadriennal conclu à Pékin la semaine dernière. Bruxelles espère ainsi contenir une hausse des importations jugée trop rapide, alors que les ventes de véhicules électriques à batterie et d’hybrides rechargeables pourraient atteindre environ 800 000 unités cette année.
Le plafond repose sur les mesures de sauvegarde de l’Organisation mondiale du commerce. Ce cadre permet une application rapide, sans les enquêtes nécessaires aux procédures antidumping. Les véhicules importés au-delà du quota ne seront pas soumis à des droits de douane supplémentaires, mais ils resteront bloqués en douane dans les ports européens. Cette mécanique originale montre que Bruxelles veut limiter les volumes sans passer par une nouvelle vague de taxes. Les autorités insistent sur le fait que la Chine soutient ce quota, et que le dialogue se poursuit sur d’autres produits.
Le dispositif ne s’applique pas de la même façon à tous les véhicules. Les modèles chinois assemblés dans l’UE, notamment en Hongrie ou à l’avenir en Espagne, échappent au quota. En revanche, les entreprises européennes qui produisent en Chine y sont soumises. Cette distinction signifie que la localisation de la production devient un critère déterminant pour l’accès au marché européen. Elle souligne aussi que Bruxelles cherche à préserver l’activité industrielle sur le sol européen.
Les échanges d’hybrides ont connu une croissance spectaculaire. Les exportations chinoises d’hybrides vers l’UE ont triplé pour atteindre 6,7 milliards d’euros au premier semestre de cette année, contre 2,2 milliards un an plus tôt, selon les douanes chinoises. En parallèle, la Chine a accepté de supprimer certains droits sur les pièces automobiles et de réduire de moitié les droits sur les chaussures, l’huile d’olive et la glace. Ces gestes font partie de l’accord global, mais les responsables préviennent que le dossier automobile n’est pas clos.
La décision intervient dans un climat de déficit commercial massif, évalué à environ 1 milliard de livres par jour entre l’UE et la Chine. Jusqu’à récemment, Bruxelles cherchait surtout à augmenter ses exportations vers la Chine. Les sources évoquent un changement de paradigme, les craintes de désindustrialisation et de pertes d’emplois dans les régions industrielles poussant à limiter les importations. Les autorités disent surveiller étroitement les flux, identifier les pics et mesurer ce qui frappe le plus durement l’industrie européenne.
Les dirigeants européens doivent aussi examiner une proposition franco-allemande de « kill switch », un instrument qui permettrait à Bruxelles de bloquer l’accès au marché unique pour certains biens en cas de développement nuisible, comme une interdiction des terres rares. Pour Andrew Small, du Conseil européen pour les relations étrangères, la Chine risque d’entraîner l’UE dans des négociations prolongées sur d’autres secteurs, mais l’état d’esprit européen a changé. Selon lui, un accord de ce type proposé au printemps aurait été plus facile à accepter ; la question est désormais trop avancée politiquement.
Pourquoi c’est important : L'offre d'hybrides chinois va se raréfier, avec des hausses de prix probables à la clé.
Source : The Guardian · Photo : The Guardian