L'UE impose des droits de douane allant jusqu'à 38 %

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Bruxelles a ajouté des taxes supplémentaires sur les voitures électriques fabriquées en Chine. Volkswagen prévient que ces droits ne renforceront pas l'industrie automobile européenne.

La Commission européenne a annoncé jeudi l'instauration de droits de douane additionnels sur les voitures électriques fabriquées en Chine, pouvant atteindre 37,6 %, soit près de 38 %. Ces droits sont entrés en vigueur dès le lendemain. Ils s'ajoutent aux 10 % déjà appliqués à ces importations, ce qui alourdit sensiblement la facture pour les constructeurs concernés.

Bruxelles justifie cette décision par des subventions publiques jugées déloyales, qui permettraient aux producteurs chinois de casser les prix face aux constructeurs européens. L'exécutif européen avait ouvert une enquête l'an dernier sur ce point. Les droits annoncés restent toutefois provisoires pendant quatre mois, une période durant laquelle les discussions entre les deux camps doivent se poursuivre.

Au terme de ces quatre mois, l'enquête devrait être conclue et la Commission pourrait proposer des droits définitifs, applicables cette fois pour cinq ans. Leur entrée en vigueur dépendrait alors d'un vote des vingt-sept États membres. Les nouveaux droits ne s'appliquent pas de façon rétroactive.

Le barème varie selon les constructeurs. BYD écope de 17,4 %, Geely de 19,9 % et SAIC de 37,6 %. Les entreprises jugées coopératives par Bruxelles, dont Tesla et BMW, sont soumises à 20,8 %, tandis que celles qui n'ont pas collaboré à l'enquête subissent le taux maximal de 37,6 %. La Commission estime que la part des marques chinoises sur le marché européen est passée de moins de 1 % en 2019 à 8 %, avec une possible montée à 15 % en 2025. Leurs prix se situeraient environ 20 % sous ceux des modèles produits dans l'Union.

Pékin a prévenu qu'il prendrait toutes les mesures nécessaires pour défendre ses intérêts, en évoquant des représailles possibles sur des produits comme le cognac ou le porc. Un porte-parole du ministère chinois du Commerce, He Yadong, a souhaité que les deux parties avancent dans la même direction et fassent preuve de sincérité pendant la consultation. Volkswagen, premier constructeur européen, juge que les effets négatifs de cette décision dépassent les bénéfices attendus pour l'industrie automobile européenne, et particulièrement allemande. Ailleurs dans le monde, les États-Unis ont déjà porté leurs droits sur les véhicules électriques chinois à 100 %, et le Canada étudie une mesure comparable.

Pourquoi c’est important : Ces taxes renchérissent les modèles chinois importés et expliquent une partie des hausses de prix constatées en France.

Source : WTO and Integration Center VCCI · Photo : WTO and Integration Center VCCI