Ford rapatrie aux États-Unis des Lincoln produites en Chine
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Ford prévoit de transférer aux États-Unis, à partir de 2030, une partie de la production de ses Lincoln aujourd'hui assemblées en Chine. La décision répond aux droits de douane américains.
Le marché suisse des voitures neuves voit défiler un rythme de nouveautés difficile à suivre : selon les estimations, 80 à 140 marques chinoises existent, et il donne l'impression qu'une nouvelle arrive chaque mois. Pour les garages, cette vague représente une vraie opportunité commerciale, mais aussi un risque, car toutes ne survivront pas. Le cas d'Aiways, déjà retiré du marché, rappelle que l'aventure peut mal tourner, et les professionnels doivent désormais compter avec cette incertitude avant de signer un contrat de distribution ou d'investir dans la formation de leurs équipes.
Les arrivées annoncées pour les prochains mois illustrent cette densité. Geely, déjà représenté en Suisse par Lotus, Lynk & Co, Polestar, Smart, Volvo et Zeekr, prévoit de lancer sa marque mère à l'automne. Great Wall Motor promet enfin le débarquement de Haval, Ora et Wey, après plusieurs annonces, suspensions et reports successifs. Xiaomi est attendu en 2027. Chery, présent en Europe avec Jaecoo et Omoda et ponctuellement en Suisse via des importations directes, doit lancer officiellement iCaur en 2026 : le nom a été adapté pour éviter la confusion avec la marque à la pomme, puisque le véhicule s'appelle iCar en Chine.
La distribution est elle-même devenue un sujet à part entière. Denza, l'enseigne haut de gamme de BYD, indique que ses modèles sont proposés depuis fin août chez City-Garage à Saint-Gall, à Schlieren et à Petit-Lancy, par l'intermédiaire de Harmony New Energy Auto Service Swiss. Derrière ce nom se cache une société de Zhengzhou qui écoule environ 40 000 voitures par an dans ses 80 succursales chinoises, avec des marques telles qu'Audi, Ferrari ou Land Rover, et qui s'installe maintenant en Suisse après le Royaume-Uni et la France. D'autres constructeurs s'appuient sur des partenaires connus : Emil Frey pour Geely et Leapmotor, la start-up Noyo Mobility épaulée par Galliker pour Voyah (Dongfeng), Hedin pour XPeng, qui tire profit de son partenariat de développement avec Volkswagen. MG, longtemps distribué par Astara, dispose depuis juillet de sa propre société d'importation.
Les chiffres confirment la progression. Les marques chinoises, en excluant celles perçues comme européennes à l'image de Smart ou Polestar, pesaient un peu plus de 3,1 % du marché en 2025 selon le consultant Guido Biffiger. Au premier semestre de cette année, ce taux a grimpé à 6,5 %, calcul réalisé pour le SonntagsBlick. La bataille est rude sur un marché helvétique atone, et elle ne concerne pas seulement l'électrique, puisque moins de la moitié des véhicules écoulés sont des modèles 100 % à batterie.
Cette pression menace les acteurs historiques comme les jeunes marques chinoises entre elles. Christian Wyssmann, directeur de l'UPSA, rappelle qu'une marque peut disparaître sans que cela constitue une nouveauté ; ce qui change, c'est la vitesse du phénomène, et il estime que la consolidation devrait s'étaler sur de nombreuses années. L'exemple d'Aiways montre le scénario noir : fondée en 2017, la société s'était lancée en grande pompe en Europe, avant d'arriver en Suisse en 2022 via Astara, puis de connaître de graves difficultés dans son pays et la faillite, son siège européen ne répondant plus au téléphone. Plus de 100 véhicules circulent encore, et ce sont l'importateur, le garage et le client qui subissent les conséquences.
Pourquoi c’est important : Cela confirme que produire en Chine pour vendre en Occident devient plus risqué et plus cher, ce qui peut peser sur les prix à venir.
Source : L'annuel de l'automobile · Photo : L'annuel de l'automobile