Dongfeng présente ses électriques à Montréal
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Dongfeng a dévoilé à Montréal des modèles qui pourraient bientôt rouler au Canada. Le constructeur profite de la nouvelle ouverture du marché.
Le constructeur chinois Dongfeng a présenté mercredi soir à Montréal les modèles qu'il compte commercialiser au Canada. C'est au Grand Quai du Port de Montréal, devant environ 200 invités dans une ambiance feutrée, que le groupe d'État a exposé notamment le BOX 01 EV et le Vigo EV, ses deux premières électriques destinées au marché canadien. Une prise de position rapide, quelques mois seulement après la signature de l'accord entre Ottawa et Pékin autorisant l'importation de véhicules chinois.
Les deux modèles devraient être vendus sous la barre des 35 000 dollars canadiens, confirme au Devoir Julie Mazorra Fernández, directrice de North World Industry, l'entreprise canadienne qui importera les voitures. Le processus de mise en conformité avec la réglementation canadienne est déjà enclenché et les premiers exemplaires pourraient arriver « idéalement d'ici un an, si tout va bien ». Ces modèles sont déjà commercialisés dans des pays nordiques, dont la Finlande.
L'importatrice évoque aussi des retombées industrielles, avec l'idée d'établir des ponts entre la Chine et le Canada et de créer à terme des emplois locaux, voire une usine sur le sol canadien. Une perspective qui cadrerait avec l'objectif du gouvernement fédéral de stimuler le secteur automobile national.
Dongfeng est moins connu du grand public que BYD, mais il ne s'agit pas d'un petit acteur : le groupe est présent dans des dizaines de pays, revendique des partenariats avec Honda, Nissan et Stellantis et figure parmi les quatre grands constructeurs détenus par l'État chinois. De quoi donner du poids à son offensive nord-américaine.
Le cadre dans lequel elle s'inscrit résulte de l'accord conclu en janvier dernier par le gouvernement Carney avec Pékin, qui a fait passer les droits de douane sur les électriques fabriqués en Chine de 100 % à 6,1 %. Ottawa a parallèlement fixé un quota : 49 000 véhicules autorisés entre le 1er mars 2026 et le 28 février 2027, soit moins de 3 % du marché du neuf selon Affaires mondiales Canada. Au 10 juillet, 6 531 véhicules électriques construits en Chine avaient été importés en vertu de cet accord, et un peu plus du tiers d'entre eux étaient étiquetés comme abordables, à 35 000 dollars ou moins. D'ici 2030, la moitié des voitures chinoises entrant au pays devra relever de cette catégorie.
Pour l'instant, les marques chinoises restent discrètes au Canada, observe Sébastien Côté, président de l'Association des véhicules électriques du Québec : les premières arrivées sont des Tesla Model 3, et la Polestar 2 doit revenir. Toutes deux fabriquées en Chine, mais sous des bannières américaine et suédoise. BYD, premier constructeur mondial d'électriques, est très attendu : il a déjà deux modèles inscrits au programme d'autorisation préalable de l'annexe G de Transports Canada, qui plafonne les importations à moins de 2 500 unités par an et devra obtenir une autre autorisation pour monter en cadence. Geely, qui détient Lotus, Volvo et Polestar, est également bien placé, et le nom de Chery circule aussi.
Pourquoi c’est important : Une marque chinoise de plus à suivre, qui pourrait ensuite viser l'Europe et donc la France.
Source : Le Devoir · Photo : Le Devoir