Geely pourra produire dans les usines de Volvo en Europe

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Le groupe Geely cherche à fabriquer en Europe et pourrait utiliser les sites de sa filiale Volvo. Cette production locale permettrait d'éviter des droits de douane.

Le groupe chinois Geely prépare son arrivée industrielle en Europe. Pour lancer cette production, il a d’abord choisi de passer par Ford : les premières Geely assemblées sur le continent devraient l’être à Valence, dans une usine de la marque américaine. Ce choix mérite d’être souligné, car Ford est l’ancien propriétaire de Volvo, désormais filiale du groupe Geely. Il peut sembler paradoxal que le groupe chinois ne commence pas par les usines de sa propre filiale suédoise, mais cette situation s’explique par l’histoire et l’organisation du groupe.

Volvo a en effet toujours conservé une certaine autonomie au sein de Geely, et la marque suédoise y tient. Les échanges industriels ou commerciaux entre Volvo et les autres marques du groupe chinois ne sont pas automatiques. La marque a par exemple longtemps hésité à se rapprocher de Lynk&Co en Europe, notamment sur les questions de distribution et d’entretien. Cette distance relative aide à comprendre pourquoi Geely a d’abord cherché une capacité de production ailleurs, chez Ford, avant d’envisager d’utiliser les sites de Volvo.

Les déclarations récentes de Hakan Samuelsson marquent toutefois un changement important. Le dirigeant de Volvo a officiellement invité Geely à produire dans ses usines des véhicules portant les marques Geely, Lynk&Co ou Zeekr. Cette invitation brise une sorte de tabou, car elle ouvre les sites suédois à d’autres marques du groupe chinois. Elle fait aussi écho aux propos de Li Shufu, fondateur et grand patron de Geely, qui avait indiqué à la fin du mois d’avril que son groupe pourrait bientôt fabriquer ses véhicules dans les usines de Volvo.

Pour Volvo, cette ouverture répond aussi à une nécessité industrielle. Les usines de Torslanda, en Suède, et de Gand, en Belgique, ne fonctionnent pas à leur capacité maximale. En outre, le site de Košice, en Slovaquie, doit bientôt démarrer sa production. Volvo cherche donc à mieux utiliser des capacités devenues excédentaires, à l’image d’autres groupes européens. Au même moment, les marques chinoises ont besoin d’installations industrielles pour répondre à la demande croissante pour leurs véhicules en Europe. La convergence de ces deux logiques explique pourquoi les usines Volvo pourraient devenir une solution d’accueil pour Geely et ses autres marques.

Ce dossier illustre un mouvement plus large : les constructeurs chinois ne se contentent plus d’exporter vers l’Europe, ils cherchent aussi à y produire. Les sites de Volvo, avec leur capacité disponible et leur expérience industrielle, pourraient jouer un rôle central dans cette stratégie. Pour le lecteur non spécialiste, il faut retenir que Geely possède Volvo, mais que l’intégration entre les deux entreprises n’a jamais été automatique. L’invitation de Hakan Samuelsson montre que cette frontière pourrait s’assouplir, sans que l’on connaisse encore précisément les modèles, les volumes ou le calendrier des productions concernées.

Pourquoi c’est important : Fabriquer en Europe pourrait faire baisser les prix et rassurer sur la disponibilité des pièces détachées.

Source : Le Blog Auto · Photo : Le Blog Auto